Décision
Réel : maintien à 3,75%
Vote : 6-3 en faveur du maintien
Trois membres (Greene, Mann, Pill) ont voté pour une hausse à 4%
CPI UK
Réel : 3,1% en août
Objectif dépassé de 1,1 point, dont 0,7 point attribué directement aux prix de l'énergie
Projection T4 2026 : environ 3¾% (contre 3,2% anticipé en juillet)
Projection T1 2027 : légèrement au-dessus de 4%
Inflation des services
Réel : 3,4% en août, inchangé depuis juillet
En repli depuis 4,5% en mars
Croissance des salaires (secteur privé)
Réel : 2,9% sur 3 mois à juillet
Sous-jacent estimé : environ 3,5% (indicateurs HMRC et accords salariaux)
En repli depuis 3,3% en début d'année
PIB T2 2026
Réel : +0,4%, supérieur de 0,1pt aux attentes de juillet
PIB mensuel juillet : +0,4%, également au-dessus des attentes
Projection T3 : +0,4% (contre +0,1% anticipé en juillet)
Chômage
Réel : 4,9% sur 3 mois à juillet, stable depuis avril
Erreur opérationnelle notée sur la taille d'échantillon LFS en mai-juin
Le vrai signal, la BoE reconnaît explicitement une trajectoire d'inflation qui se dégrade
Le comité juge les risques sur l'inflation "orientés à la hausse, davantage qu'au moment du rapport de juillet"
Une mise à jour mécanique des projections internes suggère un CPI pouvant atteindre légèrement plus de 4% début 2027, quasiment entièrement imputable aux prix pétroliers et gaziers
Le comité place désormais plus de poids sur un scénario de prix énergétiques durablement élevés, plus proche du scénario défavorable de juillet que du scénario central
Contexte énergétique, chiffres précis
Brent : +36% depuis juillet, à 106$/baril au 14 septembre
Gaz de gros UK : +78% depuis juillet, à 207 pence/therme
Crack spreads (marge de raffinage) restent bien au-dessus des niveaux d'avant-conflit
Plafond Ofgem pour octobre-décembre relevé à 1 723£, plus élevé qu'anticipé en juillet, avec une nouvelle hausse attendue au T1 2027
Signal rassurant, pas encore d'effets de second tour
Peu de signes d'effets indirects sur les prix alimentaires, l'inflation alimentaire attendue autour de 4% fin 2026 contre 6-7% anticipé en avril
Les agents de la Banque notent que les entreprises absorbent une partie du choc via leurs marges et leur couverture, mais ce sont des amortisseurs temporaires
Le comité reconnaît explicitement que ces effets pourraient être "retardés plutôt que diminués"
La dissidence, trois voix bien motivées pour une hausse
Mann, Greene et Pill partagent l'idée que la résilience de l'activité et de l'emploi signifie que la marge de ralentissement (slack) a probablement déjà atteint son pic, réduisant l'argument principal en faveur du statu quo
Pill insiste sur la valeur du signal, agir maintenant serait moins coûteux que de devoir inverser des effets de second tour une fois ancrés
Mesure complémentaire majeure, fin du QT programmé
Réduction du stock d'obligations d'État à zéro, vote unanime
Plan pluriannuel jusqu'en 2034, rythme de 46 milliards de livres par an en moyenne (ventes de 20 milliards plus obligations arrivant à échéance)
120 milliards de livres mis de côté pour adosser l'émission de billets de banque
Décision structurelle indépendante du cycle de taux, qui clarifie la trajectoire du bilan de la BoE pour la prochaine décennie
Implications
GBP : signal mixte mais penchant légèrement hawkish sur le moyen terme, le maintien à 3,75% est conforme aux attentes (91% de probabilité de statu quo selon le pricing documenté précédemment dans cette série), mais la trajectoire d'inflation nettement révisée à la hausse et la dissidence à trois voix suggèrent qu'une hausse en novembre ou décembre devient plus probable si le pétrole reste élevé
Cohérent avec le CPI UK déjà analysé (accélération à 3,1%, carburant au plus haut depuis 2022), cette décision confirme que la BoE ne peut plus ignorer la pression énergétique
GBP/USD : la Fed ayant livré un dot plot en réalité moins hawkish que prévu par le marché (cf. analyse précédente), l'écart de biais pourrait se resserrer légèrement si la BoE penche vers une hausse en fin d'année face à une Fed qui plafonne en 2027
Cette décision de QT est un facteur technique à part, potentiellement porteur de volatilité sur les gilts longs indépendamment du cycle de taux
Point de vigilance
Le facteur décisif reste, comme documenté à travers toute cette série, l'évolution du conflit Moyen-Orient et du prix du pétrole, la BoE le reconnaît explicitement comme "la source dominante d'incertitude"
Une nouvelle escalade pourrait faire basculer plusieurs des six votes pour le maintien vers le camp de la hausse dès la prochaine réunion (5 novembre), en particulier Bailey et Lombardelli qui évoquent tous deux explicitement la possibilité d'un resserrement si le conflit persiste
Distinguer soigneusement la dissidence de trois voix (signal fort de tension interne) du résultat du vote lui-même (statu quo confirmé), la vraie histoire ici est la trajectoire, pas le chiffre du jour