Taux de chômage
Réel : 4,6%
Précédent : 4,5%
Hausse de 0,2pt sur le mois, 0,4pt sur un an
Emploi total
Réel : +39 500
Composition : temps plein -6 300, temps partiel +45 800
Signal de qualité dégradée, toute la croissance vient du temps partiel
Chômage, nombre absolu
Réel : 722 900
Hausse de 28 200 sur le mois, +4,1%
Sur un an : +80 000, soit +12,4%, la plus forte hausse annuelle en proportion de toute cette série d'analyses
Taux de participation
Réel : 67,1%
Hausse de 0,2pt, plus haut niveau historique de la série
Le vrai signal, le chômage grimpe malgré une participation record
La hausse du chômage n'est pas due à des pertes d'emplois massives, l'emploi progresse même de 0,3%, mais à un afflux de nouveaux chercheurs d'emploi qui dépasse la capacité d'absorption du marché
Chômage jeunes en forte hausse à 10,8% (+0,4pt), signal classique de marché du travail qui se tend en premier chez les nouveaux entrants
Chômage masculin à 4,8% (+nette hausse), féminin stable à 4,4%, écart de genre qui se creuse
Avertissement méthodologique de l'ABS, à prendre au sérieux
Changement de méthode de collecte de l'enquête complémentaire, qui pourrait avoir capturé un effet saisonnier par inadvertance dans le passé
L'ABS recommande explicitement la prudence sur les données d'août désaisonnalisées et privilégie les données de tendance
En données de tendance, le chômage grimpe aussi à 4,6% mais de façon marginale, moins dramatique que le chiffre désaisonnalisé
Disparité régionale marquée
Australie-Occidentale seul état en nette amélioration (+0,7% emploi, chômage stable)
Victoria et Australie-Méridionale portent la hausse du chômage national (respectivement 5,2% et 4,6%)
Tasmanie en net repli d'emploi (-1,0%) mais chômage stable, signe possible de sortie du marché du travail plutôt que de licenciements
Heures travaillées, signal plus rassurant
+0,7%, supérieur à la hausse de l'emploi (+0,3%), signe que les emplois existants tournent davantage
Contraste avec la détérioration du taux de chômage, suggère que la demande de main-d'œuvre reste présente là où l'offre ne s'ajuste pas encore
Cohérence avec le PIB australien déjà documenté dans cette série
Rappel du contexte, le PIB du T2 avait déjà montré un ralentissement net (0,4% contre 0,9% au trimestre précédent), avec une composition fragile (déstockage minier, hausse des imports)
Cette hausse du chômage confirme la trajectoire de ralentissement déjà identifiée, le marché du travail commence à refléter la perte de dynamisme de l'activité
Implications
AUD : biais baissier renforcé, une hausse de 0,2pt du taux de chômage en un mois est un signal fort pour un marché qui pariait déjà sur un ralentissement de la RBA, cohérent avec le CPI de juillet déjà analysé qui montrait un headline en repli malgré un trimmed mean résistant
Ce chiffre pourrait faire pencher la balance vers un assouplissement RBA plus tôt que prévu, à l'opposé du narratif hawkish généralisé documenté dans le repricing des banques centrales cette semaine (Fed, BOJ, ECB, BoE tous plutôt orientés vers plus de resserrement)
AUD/USD, AUD/JPY : l'Australie pourrait devenir l'exception dovish du bloc développé si ce signal de dégradation du marché du travail se confirme, un contraste marqué avec le Japon qui vient de relever ses taux et la zone euro en pleine accélération
Prudence sur l'ampleur du mouvement compte tenu de l'avertissement méthodologique de l'ABS elle-même sur les données désaisonnalisées d'août
Point de vigilance
L'avertissement explicite de l'ABS sur un possible artefact méthodologique est le point le plus important à ne pas ignorer, ce chiffre pourrait être en partie technique plutôt que le signal d'un vrai retournement du marché du travail
Attendre la confirmation du mois de septembre avant de considérer cette hausse comme le début d'une tendance structurelle plutôt qu'un accident statistique lié au changement de méthode
La composition de l'emploi (tout en temps partiel) et la hausse concentrée sur les jeunes sont les deux éléments les plus fiables de cette publication, à surveiller indépendamment du bruit méthodologique sur le taux headline