Décision
Réel : hausse de 25pb à 4,60%
Vote : unanime
Confirme exactement le pricing de marché documenté la veille (99% de probabilité de hausse)
Le contexte inflationniste, une extension explicite du conflit
Le communiqué évoque un conflit au Moyen-Orient qui s'est "élargi", avec des prix de l'énergie désormais bien au-dessus des hypothèses d'août
Cohérent avec le pétrole revenu à la hausse après le rejet de la proposition iranienne par Trump déjà documenté dans cette série, la RBA confirme que ce facteur pèse concrètement sur ses projections
Demande liée à l'IA citée comme moteur de hausse rapide des prix des biens technologiques, cohérent avec le thème transversal déjà documenté (BOJ, PMI zone euro)
Signal domestique, pressions de capacité qui persistent
Les remontées de terrain ("liaison") indiquent que les entreprises subissent des pressions de coûts et répercutent ou prévoient de répercuter ces hausses sur leurs prix
Anticipations d'inflation à court terme restées élevées
Chiffres d'inflation récents plus forts qu'attendu lors de la précédente réunion
Le vrai signal, la croissance résiste mieux que prévu malgré le ralentissement
Croissance du T2 plus forte qu'anticipé "à la marge", malgré un ralentissement global
Contraste avec le PIB australien déjà analysé dans cette série (0,2% au T2, nettement sous le 0,9% du trimestre précédent), la RBA semble lire ce chiffre de façon plus positive que ne le suggérait la composition fragile du PIB (déstockage minier, imports en hausse)
Marché du travail en assouplissement "globalement comme prévu", la RBA ne semble pas alarmée par la hausse du chômage à 4,6% documentée cette semaine, cohérent avec l'avertissement méthodologique de l'ABS sur ce chiffre
Signal de refroidissement, logement
Prix immobiliers en baisse dans la plupart des capitales
Nouveaux prêts au logement en net repli
Dépenses de consommation qui ralentissent progressivement "comme prévu"
Point notable, l'investissement des entreprises reste solide
Croissance de l'investissement des entreprises et de l'endettement jugée forte
Signal de résilience qui contraste avec le ralentissement de la consommation, cohérent avec une économie à deux vitesses
Risques, la RBA reconnaît une incertitude accrue
Scénarios possibles où l'inflation est plus élevée et l'activité plus faible que prévu si le conflit persiste
Mais reconnaissance que la croissance chez les partenaires commerciaux a été plus forte que prévu jusqu'ici, l'effet de la demande liée à l'IA compensant les effets négatifs du conflit
Faible croissance de la productivité domestique citée comme facteur limitant la croissance potentielle
Engagement pour la suite
La RBA se dit prête à continuer de relever le taux directeur "si nécessaire"
Langage orienté données, pas de trajectoire préétablie
Troisième hausse depuis le début de l'année, confirmant un cycle de resserrement déjà bien engagé plutôt qu'un geste isolé
Implications
AUD : cette hausse était déjà quasi intégralement pricée (99%), donc impact direct limité, mais le langage sur des hausses supplémentaires "si nécessaire" maintient un biais hawkish pour les prochaines réunions
Cohérent avec le cumulé 2027 déjà documenté (65pb), la RBA continue de se positionner parmi les banques centrales les plus déterminées à contenir l'inflation malgré un ralentissement de croissance déjà visible
AUD/USD : la vraie variable directionnelle reste le facteur pétrole/Moyen-Orient déjà identifié comme dominant cette semaine, plutôt que cette décision RBA en elle-même
AUD/NZD : la RBNZ affichait une probabilité de hausse de 81% à la prochaine réunion contre 99% pour la RBA, cet écart de conviction pourrait légèrement favoriser l'AUD si les deux banques livrent comme attendu
Point de vigilance
La lecture positive de la RBA sur la croissance du T2 mérite d'être confrontée à la composition fragile du PIB déjà documentée dans cette série, un déstockage minier et une hausse des imports ne sont pas nécessairement des signes de vraie vigueur économique
Le vrai test des prochains mois sera de voir si la RBA peut continuer à resserrer sans que la faiblesse déjà visible dans la consommation et le logement ne s'aggrave davantage, un arbitrage classique entre lutte contre l'inflation importée et risque de sur-resserrement domestique